"Le Métro"

"Le Métro"
Texte que j'ai écrit pendant ma quarantaine hors de Skyrock, puisque je ne peux pas y aller quand je suis chez ma mère. Mis en ligne!


Ma vie est un métro, dans lequel je suis assise depuis le 29 Octobre 1992. Un Jeudi, je crois. Une brève halte à l'arrêt Hôpital Saint-Vincent-de-Paul, et c'est parti. Depuis 16 ans et 11 mois (j'écris ce texte le 29 Septembre 2009), je conduis mon existence, décidant quelle bifurcation prendre quand un aiguillage s'offre à moi.
Laissez moi vous présenter mon métro.
Le chauffeur, vous le connaissez, pas besoin donc de s'étaler. Les contrôleurs ont cessé de se parler depuis environ 5 ans, rendant l'ambiance à l'intérieur de la rame beaucoup plus difficile à vivre, notamment quand les portes de mon wagon se sont ouvertes bien malgré moi pour accueillir une stagiaire de la SNCF qui s'est installée de façon permanente. Néanmoins, le chauffeur a appris à prendre son autonomie et à ne plus se soucier des contrôleurs tant que ceux-ci ne font pas irruption dans sa cabine ou qu'il n'a pas besoin d'une accréditation officielle.
Cela fait maintenant presque 7 ans que je suis présente à bord de la ligne Lycée Montaigne. Les arrêts ont été plus ou moins difficiles à gérer, selon les tournants que le métro a été obligé de prendre. Les deux derniers arrêts étaient géniaux, bien que semés de pannes techniques. Le trajet que le métro effectue maintenant promet d'être semblable.
Certains voyageurs permanents ont des places de choix, depuis l'arrêt Littré quelques 16 ans et 9 mois plus tôt. Ils ont des sièges réservés jusqu'à la fin de la voie, et j'espère les voir toujours assis là.
Ce qui vaut aussi pour la plus grande partie des individus présents dans ma rame. Arrivés il y a deux ou trois ans, ceux-là ont considérablement amélioré le métro, amenant quelques arrêts imprévus le Samedi soir, par exemple. Interdiction de descendre au prochain arrêt, malgré l'aiguillage qui se profile au bout du tunnel!
D'autres ne sont montés que pour un ou deux arrêts, voire même ont sauté du train en marche. Certains seront regrettés, j'en ai poussé d'autres sur les rails. Quoi qu'il en soit, il est peu probable de les voir un jour attendre sur le quai.
Un haut-parleur diffuse en permanence de la musique, qui, malgré quelques titres et artistes qui reviennent régulièrement (blâmez le contrôleur!), s'enrichit de nouveaux morceaux depuis peu, grâce surtout à une voyageuse qui se reconnaîtra.
Les murs et les emplacements publicitaires sont couverts d'affiches de groupes, d'acteurs, de feuilles de cours, de mots faits passé en cours, de graffitis (Tous des connards!, Elle est où?, C'est sale, point. ...), de mots de code et de blagues débiles, autant de comptes-rendus des derniers arrêts en date. L'air vibre de rires, de discussions, d'engueulades parfois et de larmes le moins souvent possible, plus que l'on ne voudrait. Les sièges recouverts de vêtements sont à peine usés. Après tout, qui voudrait rester assis lorsque l'on peut danser?
Les arrêts ont défilé plus vite que je ne le pensais possible. Plus qu'un et je changerai de ligne, laissant le Lycée Montaigne derrière moi. J'espère que le moins de gens possible descendra maintenant ou sur les lignes suivantes. Il est certain que d'autres monteront pour faire un bout de chemin dans mon métro. Espérons qu'ils seront nombreux et bien intentionnés.

J'ai peur de prendre le mauvais tournant. J'ai peur des incidents techniques. J'ai peur de rater un arrêt.

Terminus, tout le monde descend.



©Cléo Abécassis


# Posté le lundi 12 octobre 2009 14:35

"Gné? Kékédi?"

"La résistance qui est opposée à l'obstacle auquel se heurte un effet favorise cet effet et s'accorde avec lui. Or, tout ce qui est injuste est un obstacle à la liberté se déployant selon des lois universelles; mais la contrainte est un obstacle ou une résistance à quoi se heurte la liberté. Par conséquent: si un certain usage de la liberté est lui-même un obstacle à la liberté se déployant selon des lois universelles (autrement dit: est injuste), la contrainte qui est opposée à cet usage, en tan qu'entrave apportée à ce qui fait obstacle à la liberté, s'accorde avec la liberté se déployant selon des lois universelles, autrement dit: est juste; en conséquence, une faculté de contraindre celui qui porte préjudice est immédiatement associée au droit d'après le principe de contradiction."

Emmanuel Kant, Introduction à la Doctrine du Droit



Bienvenue en Philosophie!
Et c'est que son intro, imaginez un peu le reste du bouquin...


# Posté le samedi 26 septembre 2009 06:48

Modifié le dimanche 27 septembre 2009 13:21

"Too much on my mind."

"Too much on my mind."
(Ce que je dis ici, c'est ce que je ressens puissance 10, donc ne vous inquiétez pas! Mais I just needed to get it out of my system.)

Tu m'as blessée. Tu m'as montré ce que pouvait être une vraie relation, tu m'as parlé, et tes mots m'ont touchée. Puis, aussi vite que tu les avais exprimés, tu as remballé tes sentiments, et tu m'as laissée seule. Tu voulais passer à autre chose, et tu t'es jeté dans une nouvelle relation alors que tu n'étais pas prêt. Tu as voulu y croire, et je ne te blâme pas pour ça, mais tu m'y as fait croire en même temps. Tu n'as pas refléchi assez à tes sentiments, et sans t'en rendre compte tu t'es comporté de manière égoïste. Après l'avoir aimée depuis la Seconde et être sortie avec elle pendant un an ou plus, tu aurais dû savoir ce qu'était l'amour et ne pas m'y faire croire pour l'enlever dès que tu l'as revue. Tu voulais être heureux et me rendre heureuse, mais tu n'as pas été assez prudent, et c'est moi qui ai fini par souffrir. Mais le coeur a ses raisons que la raison ignore, et j'espère que tu seras très heureux avec elle, pour longtemps. Et après tout, je ne suis qu'une adolescente stupide et romantique qui a cru au prince charmant. J'ai encore le temps de perdre mes illusions.
Ne crois surtout pas que j'écris tout ça pour te culpabiliser, parce que je te comprends et je ne t'en veux pas. C'est pour moi que j'écris, pour évacuer. Ce sont des choses que j'aurais voulu te dire, et en les publiant j'ai l'impression de l'avoir fait, même si tu ne liras probablement jamais ce texte. En tout cas, sache-le: ne fais pas de promesses aux filles s'il y a une chance, même petite, pour que tu ne les tiennes pas. Il n'y a rien de pire que d'imaginer un futur et se le voir retirer au moment où il parait accessible.


With Hope,
Cléotine




Why does every song I listen to must be about love?

# Posté le mercredi 23 septembre 2009 13:01

Modifié le mercredi 23 septembre 2009 15:51

"Terminale? Ils sont sérieux là?"

"Terminale? Ils sont sérieux là?"
Et bah oui, ils sont sérieux. La dernière année à Montaigne, après 6 ans dans ce magnifique (ou pas) Collège-Lycée, situé 17, rue Auguste Comte 75006 Paris. Enfin, bref, on verra pour l'article dessus pour la fin de l'année.
En attendant, on se met dans le bain, ou au moins on essaye, difficilement. Ma tâche est personnellement facilitée par une rentrée qui n'aurait pas pu mieux se passer, à part peut-être du point de vue de l'emploi du temps, pourri comme j'en ai rarement vu. Même classe que l'année dernière, ce qui est une bonne et une mauvaise nouvelle, plutôt bonne d'ailleurs: le gang infernal n'a pas été séparé! Charlotte, Liliane, Elena, Laure et moi, plus Maud, une rescapée de Première S. =D
Bons, voire très bons profs: M. Sepot (HALLELUJAH ON A EVITE BENHAMOUDA!!), notre bien-aimé prof d'éco, toujours aussi intéressant et énergique, M. Gouesbier, prof d'histoire hyper intéressant, une remplaçante de Mme. Vignes, qui on espère restera absente le plus longtemps possible, c'est-à-dire pour toujours! Après, les autres profs sont dans la norme, à part peut-être M. Blanchet, prof de maths de sinistre réputation, qui est un peu, comment dire... spécial. Et Mme. Bellue, surnommée très rapidement Mme. Hein-Bon, vous comprendrez tous seuls pourquoi.
Et pour couronner le tout, COLDPLAY EN CONCERT AU PARC DES PRINCES LE LUNDI DE LA RENTREE, 07/09/09 IN OUR HEARTS FOREVER!!!!! C'était... indescriptible. Parfait. C'est le mot!
Ayant rempli mes devoirs envers ce blog, je vais maintenant me retirer, c'est l'appel de l'estomac! ;D


Question existentielle: Qu'est-ce que les sentiments gagnent à être dits? Vous avez 4h.


With Hope,
Cléotine



# Posté le lundi 14 septembre 2009 13:47

Modifié le dimanche 20 septembre 2009 03:35

"Couleurs"

"Couleurs"
Petite précision: ceci est un texte, et rien qu'un texte, le seul élément ayant un lien avec la réalité étant le décor.


--C'était une journée magnifique pour mourir. Les teintes vives et joyeuses de la Côte d'Azur contrastaient particulièrement en ce jour ensoleillé: l'azur du ciel, l'indigo de la mer et le vert des arbres se détachaient sur la roche ocre rouge. Contre toute attente, j'étais heureuse d'être ici, et que ces couleurs soient les dernières à s'imprimer sur mes rétines.
--Je me tenais au bord de la falaise, et le vent jouait avec mes cheveux détachés, dégageant mon visage et ma vue. Des pas retentirent derrière moi. Sans avoir besoin de regarder, je sus qui c'était. Je savais que lui seul saurait où me trouver. Il me connaissait si bien...
--Je me retournai, lui souris pour la dernière fois et basculai en arrière.
-Non!
--Son cri se perdit dans les vagues.

--La mer rejeta son corps brisé presque dans mes bras. Le soleil se reflétant sur son visage et ses cheveux lui donnaient l'air d'un ange. L'ombre d'un sourire flottait sur ses lèvres, comme pour me rassurer.
--Les larmes coulaient sur mes joues comme je replaçais derrière son oreille une mèche de cheveux mouillés, imitant le geste qu'elle avait l'habitude de répéter des dizaines de fois par jour.
-Petite soeur...



©Cléo Abécassis

# Posté le dimanche 30 août 2009 07:36

Modifié le samedi 26 septembre 2009 13:06